Quid de nos élèves ?

Quid de nos élèves ?

Sur l’attention et la capacité de concentration, certes les RS et les écrans ne changent pas le potentiel génétique, mais engendrent des habitudes de formats courts. L’habitude du GPS finit par anéantir la capacité à lire des cartes, au profit d’une compétence rudimentaire : « appuyer sur une icône et entrer une adresse », même si le résultat est bien plus efficace.
Je pense que l’arrivée du mobile et son impact ne peuvent pas être approchés avec une seule discipline, et le sentiment que me laissent beaucoup de recherches dans ces domaines est très mitigé.

P.. d'écrans ?

Intrégralité sur TF1 (12 minutes)

Pas pleinement unanime ?

Séverine Erhel merci tout d’abord d’avoir pris le temps de répondre. Je n’ai pas d’idéologie mais il est si difficile de trouver des études sérieuses qui font sens sur le sujet. Je forme des enseignants à l’usage des outils d’ia, pour eux, en préparation et amélioration c’est facile, pour l’usage avec les jeunes en classe c’est plus compliqué.
De manière empirique, mon expérience dans le supérieur et les rencontres de dizaines d’enseignants lycée collège comme de professionnels de santé s’est trouvée en phase avec M Desmurget. Vous êtes là première voix que j’entends nuancer de façon crédible et intéressante son approche.
Je vais regarder avec attention votre conférence.
Merci encore pour cet échange.

Elles enfoncent des portes ouvertes et vont chercher la micro-nuance comme pour s’auto-justifier (d’ailleurs, elles ont besoin de se justifier, le système veut ça). En l’occurrence, ici, la chercheuse s’appuie sur des études comparables à celles de Desmurget, bien moins nombreuses (dans la biblio du podcast en tous cas), pour avoir un angle original et un positionnement singulier. Elle prend le contrepied dans l’accroche pour ne pas proposer grand-chose, ce qu’elle reproche par ailleurs à Desmurget.

Au final, d’après ce que j’ai pu entendre (je n’ai pas acheté son 2000, j’ai écouté ses podcasts, une émission où elle était invitée et qu’elle a partagée sur LinkedIn, ainsi que sa conférence à l’université de Rennes), elle modère le mot « crétin » et l’usage des écrans et des réseaux, qui peut être bénéfique à bon escient, avec parcimonie et bien encadré. Rien que ça… Si tous les gars du monde voulaient se donner la main…

Elle indique aussi à juste titre que le mot « addiction » n’est pas bien adapté. Certes, mais le mot existait avant les réseaux et les échelles pour mesurer ladite addiction ne correspondent pas bien aux écrans et aux réseaux. Je suis d’accord, mais notez qu’il en est de même avec le mot « digital » et le mot « intelligence » dans intelligence artificielle. Dont acte. À ce propos, le mot « science » recouvre lui aussi des réalités bien différentes.
On n’a pas besoin de méta-études pour constater que la gravité existe et se mesure, que les électrons circulent ou que les plantes font la photosynthèse. Les chercheurs apportent des précisions, mais tout le monde est d’accord sur le principe. Recherche et science n’ont pas la même autorité de mon point de vue, selon les domaines étudiés.

Bref, sa conclusion est qu’interdire les RS ne sert à rien et qu’il faut soutenir les « guidelines » pour raisonner les plateformes. Question de foi en l’humanité : je n’y crois pas une seconde. Opposer prévention routière et gendarmerie ne fait pas sens, mais pour l’expérience intellectuelle : s’il ne devait y en avoir qu’une des deux, vous vous sentiriez plus en sécurité avec laquelle au quotidien ? Et le jour où vous êtes pressé et que vous devez rouler un peu plus vite, vous préféreriez quoi ?

Leçon apprise du peu que j’ai compris de la physique quantique : à l’échelle quantique, la mesure change le résultat !